Rockyrama Challenge #5 : Nicolas Cage, gourou de la secte des lapins roses

Je suis encore en retard pour le Rockyrama Challenge. Fêtes de Noël oblige, je n’ai pas pu visionner tous les films de ma petite liste en décembre. Je ne relâche pas la pression pour autant. Ce mois-ci, Rockyrama m’a emmenée au sommet d’une montage avec Stallone et m’a fait rire dans une école de police. Je vous raconte ?

 

Les ailes de l'enfer

80. Les ailes de l’enfer (1997 – Simon West)

J’étais, au départ, très emballée par Les Ailes de l’enfer. Parce que, d’une part, je suis bonne cliente en matière de films d’action, et d’autre part, parce que je l’ai visionné avec des amis, comme le recommande Rockyrama. De plus, le casting XXL composé, entre autres, de John MalhovitchNicolas Cage et Danny Trejo, nous vendait du rêve à fort taux de testostérone. L’histoire aussi était pleine de promesse : Nicolas Cage, ex ranger, sort de prison après avoir été condamné pour homicide involontaire. Il prend un avion pour rentrer chez lui avec, à son bord, d’autres détenus en transit vers de nouveaux centre de détention. Manque de bol, les criminels parviennent à prendre le contrôle de l’appareil.

Tout était donc parfait. Des potes, une petite mousse, Nicolas Cage en jean et marcel blanc… Sauf que. Je me suis ennuyée à mourir devant Les Ailes de l’enfer. La situation hautement improbable installe son climat d’inquiétude de manière beaucoup trop lente. Tant et si bien que l’on n’y croit pas à un seul instant. Pire du pire, Nicolas Cage fait un AVC en cours de route et passe du gentil ranger serviable au militaire froid et impassible en une fraction de seconde. La scène où il somme une gueule cassée de remettre le lapin rose de sa fille dans sa boîte est d’un ridicule à pleurer de rire. En prime, la fuite finale des méchants ne fait qu’étirer le supplice en longueur et paraît fort dispensable. Bref, quitte à se mater un film d’action sympa et oubliable, Expendables 2  me semble un choix plus judicieux. Désolée, Rockyrama !

 

Police Academy

79. Police Academy (1984 – Hugh Wilson)

La dernière fois que j’ai vu Police Academy, c’était en VHS. Mon père l’avait loué dans la galerie marchande de notre bon vieux supermarché Cora. J’adorais cet endroit. Encore aujourd’hui, j’arrive à me souvenir de son odeur. Une odeur de contreplaqué et de vieux papier, un peu semblable à celle des bibliothèques. Alors autant vous dire que Police Academy m’a fait l’effet d’un flashback ému dans mon enfance. Je me rappelais vaguement de l’intrigue, mais je n’avais pas oublié que ce film m’avait fait hurler de rire. Désormais, je sais pourquoi. Rockyrama nous indique que Pat Proft, le scénariste, revendique un humour hérité des grands maîtres du burlesque, comme Mel Brooks ou Buster Keaton. Un humour simple qui fait toujours mouche, à cinq comme à vingt-quatre ans.

Et le rire s’inscrit dans la figure du loser magnifique, à la Charlie Chaplin. Ici, une bande de bras cassés rêve de devenir flic, mais peine à briller au sein de son école de police. Leur maladresse et leur humanité vont finalement leur permettre de réussir mieux que les autres. Attention toutefois, Police Academy n’est pas à voir comme une fable sociale sur fond de comédie. C’est un pur slapstick, une célébration du gag bas de plafond. Tout y est culte. Comme ce type, immense, qui ne supporte pas que l’on embête son amie chétive à la voix fluette et qui va, pour la venger, renverser à mains nues la voiture de son agresseur. Ce film se déguste comme une bonne petite pizza. Un truc dont on a besoin de temps en temps, tout simplement parce que ça fait du bien.

 

Le Fugitif

78. Le Fugitif (1993 – Andrew Davis)

Je vous présente l’anti Ailes de l’enfer. Une situation capillotractée superbement réalisée et un casting d’enfer au jeu impeccable. Oui, Andrew Davis a brillé, là où Simon West a lamentablement échoué. Dans la peau d’un brillant chirurgien, Harrison Ford est condamné à la peine de mort pour le meurtre de sa femme. Fort heureusement, le bus qui l’emmène au pénitencier est victime d’un terrible accident. Il parvient à s’échapper et entreprend de démasquer le véritable meurtrier. Peu à peu, les pièces du puzzle s’assemblent pour le spectateur, en même temps que le personnage principal progresse. On ne devine rien, on avance avec le héros dans la crainte et l’urgence, les flics aux talons, prêts à nous descendre.

Outre Harrison Ford, excellent comme à son habitude, Tommy Lee Jones trouve en son personnage d’US marshall obstiné, l’un de ses meilleurs rôles, si ce n’est son meilleur rôle tout court. Tout aussi doué que le chirurgien est malin, le flic campé par Tommy Lee nous paraît d’abord intraitable, accroché fermement au principe de « la loi et l’ordre ». Or, s’il lutte au début contre le fugitif, il finit par lutter avec lui. On assiste donc ici à un affinement du propos qui prend le contre-pied de la justice aveugle, parti pris habituel des précédents films d’actions des années 80. Je n’avais jamais vu Le Fugitif. Et de la catégorie « films-que-j’ai-honte-de-ne-pas-avoir-encore-vus », il est passé illico à celle des « OH-MON-DIEU-j’adore-ce film ». Dorénavant, je pourrais toiser de haut mes interlocuteurs sur cette réplique : « Quoi ? T’as jamais vu Le Fugitif ?! »

 

Cliffhanger

77. Cliffhanger (1993 – Renny Harlin)

Ce n’est un secret pour personne. Dans la guerre Schwarzy / Sly, je rejoins les rangs des adorateurs de Sylvester Stallone. J’affiche même une photo de lui en Rocky, près de mon miroir, pour me motiver le matin. Malheureusement, je souffre d’un vertige monstrueux. Un vertige qui me pousse à regarder Vertical Limit et Fort Boyard les yeux fermés 75% du temps. De ce fait, je redoutais de visionner Cliffhanger. Car oui, quand ma copine Maurane se fait pipi dessus à la vision d’une pauvre victime égorgée, moi je panique littéralement, lorsque David Boreanaz pénètre dans la chambre de Buffy par la fenêtre. J’ai donc dû me faire violence pour apprécier cette histoire de sauveteurs en haute montagne, pris en joue par des braqueurs rescapés d’un crash d’avion.

Je ne me doutais pas que j’appréhendais un film d’action des plus surprenants. Non seulement, le braquage consiste à substituer trois valises de billets au gouvernement américain en plein vol, mais en plus, on va crapahuter dans les hauteurs pour récupérer le fameux butin. Une idée sublime, spectaculaire, et exécutée à un rythme soutenu qui nous laisse haletants, face au réalisme stupéfiant des cascades de très haut vol. J’ai failli tomber en syncope dès la première scène, lorsque Sly tente de sauver la copine de son pote, suspendue au-dessus d’un gouffre. Alors oui, j’ai fermé les yeux en priant à de nombreuses reprises, mais cela gage de l’immense qualité du film. Car si les scènes de voltige suscitent le vertige et la terreur dans mon être, c’est qu’elles sont, sans aucun doute possible, particulièrement terrifiantes.

 

La folle journée de Ferris Bueller

76. La folle journée de Ferris Bueller (1986 – John Hughes)

Je cultive un amour infini pour l’oeuvre de John Hughes. Je compte Breakfast Club parmi mes films préférés, compte-tenu des litres de larmes qu’il m’a fait verser. La première fois que j’ai vu La Folle journée de Ferris Bueller, j’étais extrêmement enthousiaste. Car on m’avait annoncé que ce film avait fortement influencé Parker Lewis, ma madeleine de Proust légendaire. Pourtant, quelque chose dans la journée rocambolesque de ce petit malin, qui sèche les cours avec sa copine et son meilleur pote, m’avait gênée. Rockyrama a mis le doigt dessus. Ferris Bueller s’avère aussi cool qu’il est agaçant. Tout lui réussit, tout le monde l’adore et son envie d’épouser sa copine de lycée le rend particulièrement énervant.

Pourtant, on ne peut nier le fait que Ferris paraît résolument cool. Il est capable de mettre au point des dispositifs hyper sophistiqués pour berner l’autorité abrupte de son principal et les bonnes dispositions de ses parents. Et quand il fugue, c’est pour déjeuner dans un cinq étoiles, puis s’incruster sur le char d’une parade. Le tout, à bord d’une Ferrari vintage. De plus, le personnage de sa sœur, incarnée par Jennifer Grey (qui finalement, a fait autre chose que Dirty Dancing) se révèle, étrangement, fort intéressant. Pour sa crise d’adolescence soudaine et pour son flirt avec un Charlie Sheen sexy en diable, dans son blouson de cuir noir. Cependant, l’aspect le plus émouvant de Ferris Bueller demeure ce rapport naïf, noué d’incompréhension, avec le monde des adultes, aussi lointain qu’insaisissable.

 

Pour conclure, je vous annonce que le Rockyrama challenge risque d’accumuler les retards au cours des prochains mois. En effet, je travaille actuellement sur un mémoire de recherche intitulé Les mythes professionnels des journalistes véhiculés par le cinéma anglo-saxon, j’ai donc tout un corpus de films à voir en parallèle. Je ne renonce pas au challenge pour autant et je vais essayer de combiner les deux autant que possible.

Pour suivre l’avancement du Rockyrama Challenge, rendez-vous sur Pinterest ! 😉
J’indique « VU » derrière les films déjà visionnés.

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