Une semaine au Festival Lumière à Lyon

Toute la semaine, je vous ferais vivre le Festival Lumière de l’intérieur, au travers de cet article qui sera mis à jour régulièrement. Cette année, le prix Lumière est attribué pour la toute première fois à une femme, Catherine Deneuve. Je me devais de fêter dignement l’événement.

 

 

Festival Lumière

Lundi 10 octobre

13h00 : C’est parti ! On commence très fort par une projection du Dracula de 1931, intégralement restauré. Je suis grave à la bourre pour ma course du jour. En effet, j’ai quatre films à voir dans la journée. Alors, j’avale ma poêlée de poireaux et je cours au ciné en bas de chez moi. Vite, vite, vite !

 

Festival Lumière

Une photo floue de la réalisatrice Delphine Gleize qui nous a rappelé que, dans les vieux films, « les monstres arrivent souvent à reculons. » Après ce bon mot, j’ai éprouvé un grand plaisir à voir ce classique sur grand écran. Je suis fan de Tim Burton et de Buffy, alors autant vous dire que ce film a eu un impact particulier sur moi. Honte à moi, je ne l’avais jamais vu. Mais, après tout, le Festival Lumière a été créé pour nous offrir l’opportunité de revoir de tels chef d’oeuvre au cinéma. Et l’on en remercie.

 

Festival Lumière

19h00 : Dans la queue pour la double séance Love Story / Deep end. Je sors à peine d’un éléphant ça trompe énormément, en présence de Guy Bedos et Jean-Loup Dababie. Je ne l’aurais jamais imaginé, mais j’ai versé une larme en voyant le public se lever pour applaudir ces deux grands monsieurs. D’autant plus qu’arrivée en retard à cause d’une interview, j’ai bousculé Guy Bedos en allant m’asseoir. Avec beaucoup d’humour, il m’a passé l’accolade l’air de dire « mais dis donc, ça fait longtemps qu’on s’est pas vu ! » Mon Dieu, je ne savais plus où me foutre.

 

21h30 : En direct de la double séance dont les films ont été soigneusement choisis par Quentin Tarantino himself ! Quelle ne fut pas ma surprise en voyant le réalisateur star débarquer sur l’avant scène pour nous présenter Love Story. Visiblement, ça n’était pas prévu… Il est actuellement assis derrière moi et j’ai pu l’entendre rire discrètement pendant tout le film. Un scénario de science-fiction dont tout cinéphile rêve !

 

00h45 : Au lit, après avoir zoné dans le quartier à la recherche d’une pizza. La soirée s’est clôturée sur le film Deep end. Et comme une surprise n’arrive jamais seule, le réalisateur Jerzy Skolimowski (ci-dessus) est venu présenter son oeuvre. Un long-métrage assez perturbant qui nous laisse frustrés et éprouvés. Demain, la journée sera un peu moins mouvementée, mais tout aussi magique. J’en suis certaine.

 

Mardi 11 octobre

20h00 : Dans le tram direction UGC Confluence. Ce soir, je vais voir Les Guerriers de la nuit de Walter Hill, en présence de ce réal complètement culte. J’ai découvert ce film grâce à Karim Debbache, qui nous l’avait proposé dans son Crossed sur Double Dragon. J’ai presque plus de batterie, j’espère pouvoir prendre des photos. Réponse dans quelques heures.

 

Festival Lumière

22h30 : La qualité de la photo est gravement pourrie. Je suis désolée, mais c’est tout ce que je suis parvenue à prendre avec ce p**** d’écran blanc ! Bon, ça n’est qu’un détail, puisque la soirée s’est avérée des plus agréables. Walter Hill m’a paru timide. Il s’est éclipsé très vite après avoir présenté son film. Touchant. Et, encore une fois, quel plaisir de voir un film que l’on s’imaginait ne jamais visionner autrement qu’en DVD…

 

Festival Lumière

Mercredi 12 octobre

00h05 : Ma première fois avec Gaspar Noé, c’était Irréversible. J’en suis restée blessée et éprouvée. Si bien que je ne veux plus jamais le voir pour rester sur cette impression forte. J’ai découvert plus tard Enter the void en DVD. Et il m’avait bouleversée. Alors autant vous dire que j’avais hâte de le voir sur grand écran. Je n’ai pas été déçue. Ce film se vit comme une expérience physique et sensorielle. Si bien qu’il m’a laissé un goût amer et sec au fond de la gorge (lis entre les lignes).

Ce réalisateur est un mec cool. On a direct envie d’aller boire un verre avec lui. Son ton doux et calme rappelle qu’il a, quelque part, une âme d’artiste. J’aurais aimé discuter un peu avec lui après la séance. Malheureusement, il était fatigué et m’a très délicatement envoyée me faire voir. Faut dire qu’on est casse-couilles, nous, les « journalistes ». Désolée de ne pas avoir pu vous en raconter plus aujourd’hui, mais je devais réaliser un reportage radio sur cette séance. J’ai finalement trouvé le courage d’uploader le fichier, vous pouvez désormais l’écouter ici 😉

 

 

festival Lumière

Jeudi 13 octobre

19h50 : Je m’apprête à aller voir Love à l’UGC Cité internationale. J’enchaîne donc deux films de Gaspar Noé. J’avoue que je n’ai pas très envie, non pas parce que je n’aime pas le travail de ce réal, mais parce qu’après le choc d’Enter the Void, j’ai peur d’être trop secouée émotionnellement…

Sinon, j’ai fait un tour au Marché du film classique juste avant la projection, hier soir. Il se situe dans la cour de l’institut Lumière et propose les DVDs des films du festival, mais aussi des oeuvres proches. On y trouve également des articles souvenirs et des livres. Comme vous pouvez le constater, j’ai craqué pour le mug de l’institut. J’ai aussi acheté un DVD et d’autres petites conneries. Or, ce sont des cadeaux destinés à des personnes susceptibles de me lire. Je ne vous les montrerai donc pas ici (peut-être plus tard, sur Instagram 😉).

 

Festival Lumière

23h15 : Bus sens inverse. Je n’ai pas aimé le film. C’était joli, extrêmement joli, mais je ne suis pas parvenue à croire à ce couple dépeint par le réalisateur. Je n’ai pas compris leur romance et leur attachement démesuré l’un envers l’autre. Hormis le sexe, rien ne les lie. Du coup, je reste perplexe. J’étais fatiguée de voir des gens baiser en continu devant moi, même si la réal exprime effectivement bien plus la passion et la tendresse que le sexe sale. Peut-être que je le reverrai. À deux, c’est sûrement mieux.

 

Festival Lumière

Samedi 15 octobre

14h30 : Après une petite pause hier, je suis allée voir Légendes d’automne, ce matin au cinéma près de chez moi. Le film a été présenté par Josephine Japy. Une actrice française fort sympathique, mais dont on ignorait l’intérêt du discours, tant sa présentation était vide de sens.

Revenons-en à Légendes d’automne. J’avais déjà lu le livre de Jim Harrison, il y a longtemps, mais je n’avais jamais eu l’occasion de voir le film. J’ai pleuré pendant deux heures. C’était sublime. La copie n’avait pas été restaurée. Personnellement, cela ne me gêne pas. Je trouve que ça peut donner un certain cachet à l’image. J’aurais cependant un reproche à faire à cette version.

Elle était sous-titrée à la fois en français et en allemand. Or, lorsque l’on comprend ces deux langues, c’est assez gênant. Je peinais à ignorer l’une pour me concentrer sur l’autre, car inconsciemment, lire en allemand est tout aussi naturel pour moi que lire en français. J’ai donc parfois eu du mal à suivre les dialogues, car je me mélangeais un peu les pinceaux. Ceci dit, je suis très heureuse que le festival est ainsi rendu hommage à l’un des plus grands auteurs américains et surtout, d’avoir pu y assister.

 

Festival Lumière

Dimanche 16 octobre

20h30 : En ce dernier jour de festival, je suis allée faire un tour, ce matin, à la CinéBrocante de l’Institut Lumière. Un grand marché d’occasion pour les collectionneurs. On peut dire que j’ai trouvé mon bonheur, puisque je suis repartie avec deux DVDs, une affiche et des photos d’exploitation. Je suis très contente d’avoir déniché les films Zombie de George Romero et L’honneur des Prizzi de John Huston, avec Jack Nicholson. Ce sont deux long-métrages que j’ai toujours eu envie de voir, mais dont je n’avais pas trouvé de copies jusque là. Mes murs vont eux aussi être ravis. Je leur ai ramené une affiche d’Evil Dead III et une photo d’exploitation de Labyrinthe, l’un de mes films favoris 🙂

 

Festival Lumière

Avant de partir au boulot, je me suis accordée une dernière séance avant que le festival ne s’achève. J’ai vu avec grand plaisir La fiancée de Frankenstein qui m’a très agréablement surprise. Je dois bien avouer que Dracula, projeté dans le cadre du cycle Universal Monsters, m’avait un peu ennuyée par moment, au vu de son esthétique datée. Et ce, bien que j’ai grandement apprécié la séance. La fiancée de Frankenstein m’a fait un tout autre effet. Je n’ai pas vu le temps passer, car la structure du film s’avère résolument moderne, avec des effets spéciaux très convaincants.

Pour conclure sur cette semaine de cinéma et de pur plaisir, j’aimerais en premier lieu remercier le rédacteur de chef de Luxuriant qui m’a accréditée sur le festival. Ceci m’a permis de voir huit films au total. Un pur bonheur, sachant que je n’ai évidemment pas le budget. Je regrette simplement de ne pas avoir pu voir de films avec Catherine Deneuve. Quand je suis allée chercher mes billets, la personne au guichet a oublié deux films, ceux avec Deneuve, évidemment. Et quand j’y suis retournée, il n’y avait plus de places disponibles.

Là, je voudrais apporter un bémol à ma description enthousiaste du Festival Lumière : les bénévoles et le personnel se sont tous montrés excessivement désagréables. Pas un sourire, même lorsque mon accréditation était bien en évidence autour de mon cou. De plus, lorsque j’ai rencontré des difficultés pour trouver la billetterie, une personne m’a longuement réprimandée pour avoir eu l’audace de lui poser une question. Même constat pour la vendeuse qui s’est trompée dans mes séances. Je n’ai pas eu droit à un seul mot d’excuse.  Si c’est ainsi qu’ils reçoivent la presse, je n’ose même pas imaginer l’accueil réservé au public. Quoiqu’il en soit, ce festival constitue une opportunité fabuleuse de voir des raretés sur grand écran et d’approcher des personnalités inaccessibles. Un rêve éveillé d’une semaine à vivre absolument.

 

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