Le jour où j’ai découvert que Tinder, ça craint.

Une mauvaise expérience sur Tinder peut tourner à la décrépitude totale. Pourtant, avec un peu de philosophie, on peut devenir un loser magnifique. J’ai fait ce choix et je vous l’explique.

 

Au cas où vous seriez comme ma copine Amélia qui ne sait ni tenir une souris, ni utiliser Instagram – ce qui lui confère un charme indéniable – vous ignorez peut-être ce qu’est Tinder. Cette application  de rencontres repose sur un principe très simple. Elle géolocalise les célibataires alentours et leurs photos apparaissent comme par magie sur votre smartphone. Si un joli minois vous plaît, vous le glissez vers la droite. Au contraire, si vous tombez sur une alliance improbable entre Gollum et Voldemort, vous pourrez toujours jeter sa sale tronche vers la gauche, soit « poubelle ». Simple, cruel et efficace.

Tinder
Là, j’hésite. Sincèrement, je suis troublée.

Lorsque quelqu’un vous balance sur la droite et que, sans même le savoir, vous lui rendez magnifiquement la pareille, il y a « match ». L’application vous autorise alors à chatter directement avec cette personne. Dans mon cas, j’ai très rapidement matché avec un être charmant. Nous nous sommes, en quelques lignes, découvert une passion commune pour David Lynch et les Chesterfields. Nous étions faits l’un pour l’autre, il fallait que l’on se voit. Habituée à sortir dans toute ma folie rock’n’roll, j’ai donc enfilé mon plus joli T-shirt AC/DC et j’ai négligemment passé la main dans mes cheveux. Direction le bar du coin.

Tinder
En vrai, je dois ressembler à Earl. En blonde. Et sans moustache.

Et là, c’est le drame. Je m’aperçois que mon match ne m’inspire finalement pas grand chose, à part un peu de pitié, tant il tire nerveusement sur sa cigarette. La conversation commence à tourner en rond. Je ne l’écoute pas. S’il m’a révélé que toute sa famille avait été assassinée dans une prise d’otages, j’ai très certainement répondu « ha, cool. Tu bois quoi, toi ? » Me voilà donc en train de réfléchir à un moyen de m’en sortir. Quand soudain, mon interlocuteur blêmit. Il se met à bafouiller et à trembler nerveusement. Visiblement inquiet, il s’exclame : « Je dois passer un coup de fil urgent ! Je laisse mes affaires là, je reviens. »

En fait d’affaires, il abandonne son paquet de clopes, un briquet et une paire de lunettes de soleil. Que des reliques insignifiantes, en somme. Quelques instants plus tard, il m’envoie un SMS : « Rejoins-moi dans trois minutes à l’angle de la rue, juste en face. » Pas folle la guêpe, j’envisage un traquenard. Heureusement, je connais bien ce rade et je sais que je peux observer discrètement la rue depuis le recoin qui mène aux toilettes,  par une fenêtre. Personne. J’appelle un ami, il me paye à boire. Les heures défilent, mon match ne réapparaît pas. Tinder, ça craint.

Suite à cette expérience, j’émets quatre hypothèses :
1) Mon rencard souhaitait effectivement m’attirer dans un piège.
2) J’ai dit/fait un truc qui lui a foutu grave les jetons. Ce qui me laisse penser que je n’aurais peut-être pas dû lui révéler ma passion schizophrène pour les slashers et les comédies musicales.
3) Je n’étais définitivement pas à son goût. Il a dû se dire : « Mon Dieu, que vais-je faire de ce machin potelé, blond et maquillé comme Gwen Stafani pour un featuring avec Eve ? » (Oui, ça m’arrive.)
3) Il a vraiment été appelé pour une question urgente. Ce dont je doute.

Tinder
Moi. En moins bonne.

Dans tous les cas, j’admets que c’était le match de la lose. Toutefois, cette expérience désagréable m’a permis de me rendre compte d’une chose : je n’avais pas envie de faire cette rencontre. En raison d’une certaine pression sociale (comprenez « ma mère »), je me suis sentie obligée, à la sortie d’une relation longue et compliquée, de faire un effort pour « attirer une personne sympa ».  En réalité, j’étais soulagée de voir mon date jouer la fille de l’air. J’étais beaucoup plus heureuse de retrouver mon pote Victor pour tailler le bout de gras devant un Old Jamaïca.

La vérité, c’est qu’actuellement, je ne me vois pas entamer une relation. Je n’ai pas envie de draguer, de plaire et je ne me sens pas en manque d’affection. Mon minou n’est pas non plus « affamé », donc tout va bien les gars, merci. Ne vous inquiétez pas pour moi. Non, j’ai plutôt envie d’être égoïste et de me faire plaisir comme je l’entends. Quant à toi, Tinder ! Tu peux ravaler tes salades et garder ton étalage de cœurs à prendre, j’ai déjà assez à faire avec moi-même.

Tinder

 

Tinder

4 commentaires sur « Le jour où j’ai découvert que Tinder, ça craint. »

  1. grave l’histoire craint un peu ! mais au fait………. que sont devenues les lunettes, le briquet et le paquet de clopes lol XD

    en tout cas, super la conclusion, faut s’écouter, et pas écouter les pressions de la mama (on a tous la même ;))

    pour ma part, j’ai remarqué que ce qui marchait bien pour rencontrer de nouvelles personnes, c’est de sortir avec ses amis ! (et leur demander franchement d’amener qq1 de nouveau à la soirée) on fait des chouettes rencontres, pas forcément amoureuse, c’est pas le but en soi ! mais rencontrer de nouvelles personnes c toujours chouette avec ses amis plutôt qu’au pif ^^

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  2. Mais cette histoire est flippante…. Très honnêtement, je suis tellement naïve que j’y serais allée… Quoi que… j’en sais rien. Quoi qu’il en soit, je garde en tête ton expérience! Waouh…En espérant qu’il te soit arrivé des rencards plus funky depuis!

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